L’endroit le plus dangereux du monde… vraiment ?

L’endroit le plus dangereux du monde (The Most Dangerous Place On Earth)
Par Lindsey Lee Johnson
Éditions JC Lattès (2017)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Élisabeth Peellaert

Nombre de pages : 424

Résumé

Au nord de San Francisco, dans une communauté idyllique, une jeunesse privilégiée, cruelle et vulnérable, est livrée à elle-même en l’absence de parents qui ont démissionné de leur rôle. Huit lycéens vivent dans un monde virtuel, coupés de la réalité par leur addiction à Facebook et autres réseaux sociaux, évoluent dans un faux paradis où tous les dangers sont en embuscade : l’alcool, la drogue, le sexe. Seule Molly Nicoll, leur professeur de littérature, s’efforce de les comprendre, et les fait travailler sur Gatsby le Magnifique, espérant ainsi les préparer à l’âge adulte. Un premier roman, aux accents de Bret Easton Ellis, d’une grande subtilité littéraire, habité par les faiblesses, les passions, et les chagrins d’une adolescence sans repères.

À propos du livre et de l’autrice

Je tiens à préciser que je trouve la couverture sublime. c’est elle qui m’a tout d’abord attirée. J’adore ce fond noir de nuit sur lequel ressortent les couleurs pimpantes et la joie de ce femmes. Il y a un côté un peu universel qui s’en dégage, quelque chose d’interdit.

L’endroit le plus dangereux du monde est le premier livre de l’autrice et a remporté nombre de prix aux Etats-Unis.

Mon avis

Pour ma première chronique, je suis littéralement passée à côté de ce livre. C’est dommage, surtout quand je vois tous les prix qui lui sont attribués… C’est une grande déception pour moi.

Il y a quelque chose dans le point de vue de l’autrice qui me dérange.

Les clichés.

S’il vous plaît.

LES CLICHÉS.

Je veux dire, chouette, maintenant qu’on a tous ces clichés, qu’est-ce qu’on en fait ? Bien malheureusement, la question reste en suspens… À mon goût, ces personnages archétypaux sont tout juste effleurés et sans réelle profondeur. La morale de l’histoire et de toutes ces vies me dérange. Le tout m’a semblé sans espoir… J’aime cet intérêt porté à cette « jeunesse », cette adolescence et cet âge incertain qui constitue dans ce livre l’endroit le plus dangereux du monde, mais j’ai l’impression que l’autrice n’en a rien fait. J’ai trouvé ces jeunes trop « solitaires », sans réels liens entre eux (« liens » dans tous les sens du terme).

« – Oh, douce Calista, ma chérie, mon amour, la muse ne crée pas. Elle inspire. »

Le livre date de 2017 et ces clichés sont démodés ; ils n’ont rien de modernes à mon goût.

Concernant le déroulement de l’histoire, nous sautons d’un personnage à un autre en fonction des chapitres, mais après, ils disparaissent. On ne sait pas ce qui advient d’eux. Quelle frustration !!! De plus, j’ai ressenti parfois une totale incompréhension quant aux messages type SMS qu’ils s’envoyaient (je n’ai que quelques années de plus…) et certaines scènes m’ont apparues comme peu crédibles, ou incongrues… L’idée d’une écriture adaptée à chaque personnage est intéressante et assez bine mis en place cependant.

« Elle croyait que l’absence de beauté était quelque chose qui exigeait une expiation. »

En bref, je suis totalement passé à côté de cette lecture. J’avais pourtant trouvé le titre très accrocheur (et cette couverture), mais cette morale que je ne saisis pas et le déroulement de l’histoire que j’ai trouvés trop volatiles ne m’ont pas permis d’apprécier réellement ma lecture… Même si l’idée d’origine est bonne et que l’écriture est indéniablement fluide et agréable.

I. Quatrième – La lettre

Sur le seuil du bureau de la conseillère, Cally Broderick attendait qu’on remarque sa présence.

Elle serait aisément passée inaperçue : petite et maigre, elle avait des cheveux blond sales qui cette année commençaient à boucler et à graisser. Ses yeux noisettes étaient jolis, mais trop écartés, son nez fin mais trop long. Toutes les quatre semaines, sur son visage, apparaissaient une constellation de boutons, boursouflés et luisants, qu’elle regardait en tournant le visage devant la glace, à la fois dégoûtée et fascinée. Son visage était un sujet de méditation quotidienne, elle écarquillait les yeux dans le miroir de son vestiaire, aspirant la chair de ses joues entre ses dents. Sa mère disait – ou disait autrefois – que Cally avait un « physique marquant », portrait que Cally récusait ; elle le trouvait un peu violent, et aussi, manifestement, inexact.

C’était une fille agitée, avide de rembobiner le cours de sa vie ou de lui imprimer une avance rapide. En vue de réaliser cette dernière ambition, elle avait dressé la liste des compétences à acquérir avant l’âge adulte – avaler des cachets sans hauts le coeur, acheter des tampons sans rougir, donner une poignée de main aux amis de son père dans glousser ou détourner le regard. Mais plus les années passaient, plus la liste s’allongeait : la vie, à mesure qu’elle la vivait, présentait de nouvelles questions, et toujours plus de nouvelles portes à ouvrir. Ces questions, elle n’en parlait à personne. Elle les transcrivait dans un vieux cahier, fourrait le cahier à l’intérieur d’un coussin et glissait le coussin sous son matelas, de peur que quelqu’un – son frère Jack – le trouve et la trahisse. Elle ne le montrait même pas à Abigail Cress, sa meilleure amie. Avant Abigail, Cally aurait pu dire que sa meilleure amie était sa mère, chose désormais impossible pour une multitude de raisons trop compliquées à développer. En fait, il y avait peu de choses dans sa vie que Cally était capable d’expliquer. Elle avait treize ans. Elle était au collège.

L’endroit le plus dangereux du monde
Lindsey Lee Johnson
Éditions Le livre de poche (p.13-14)

N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, si vous l’avez lu !


3 réflexions sur « L’endroit le plus dangereux du monde… vraiment ? »

  1. Les extraits que tu proposes sont vraiment tentants ! Merci pour cette découverte ☺️

    Aimé par 1 personne

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