Six Of Crows, la sensibilité des voyous

Six of Crows (Tome 1)
Par Leigh Bardugo
Aux éditions Librairie Générale Française, Le Livre de Poche Jeunesse (2017)
Traduction des éditions Milan, par Anath Riveline (2016)

Nombre de pages : 559 / Temps de lecture : environ deux semaines

Résumé :

Les bas-fonds de Ketterdam s’organisent en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker : aussi brillant que mystérieux, aussi charismatique que dangereux, et surtout, connu pour être un voleur hors pair. Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck : délivrer un savant du palais de Glace, réputé imprenable. Ce prisonnier est l’inventeur du jurda parem, une drogue multipliant sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas. Une drogue qui, tombée dans les mauvaises mains, risque d’engendrer un chaos irréversible.

Six of Crows
Leigh Bardugo
Éditions Milan (2016)

Mon avis :

J’ai adoré. Du début à la fin, j’ai adoré.

J’ai adoré la façon dont l’auteur maîtrise son monde, tous ces détails sur les rangs sociaux et l’organisation du barrel et des gangs… J’ai adoré la façon dont l’auteur a traité les histoires de chacun des personnages (il y a six personnages principaux), ils sont crédibles, ils sont humains, ils sont sensibles malgré leur apparence de voyous, mais surtout, ils sont seuls. Perdus. Ils se sont accrochés les uns aux autres, littéralement, par cette histoire et cette mission qui les ont réuni, et c’était un plaisir de suivre leurs états d’âme, leurs peurs, leurs désirs de vengeance, leurs vices et leur caractère… J’ai adoré.

LES PERSONNAGES !!

S’il vous plaît, je meurs, tous ces personnages sont si attachants. Des parias qui se battent pour survivre, qui entament une mission suicidaire, mais ils n’ont rien à perdre, alors allons-y ! On compatis à leurs soucis, on découvre leurs faiblesses et leur cauchemars, on se rend compte de leur force, on les aime, c’est tout. Ils sont crédibles, drôles, si attachants. Nous avons tout d’abord Kaz, au sang-froid et à la diplomatie douteuse, appelé Dirtyhands dans le barrel. Puis nous avons Nina, une Grisha aux étranges pouvoirs, Jesper, expert des armes à feu, Inej, véritable furtive que l’on surnomme le Fantôme, Matthias, ancien guerrier au service de la milice… et puis nous avons Wylan, le fils du commanditaire de l’expédition. Mais que vient-il faire dans cette drôle d’équipe ?

– Comment savais-tu que je ne tirerais pas ?

– Parce que, Matthias, tu pues la morale.

Six of Crows (p.425)
Leigh Bardugo
Éditions Milan (2016)

On va suivre leur aventure si ardemment, on va prier pour qu’ils y arrivent, parce qu’ils méritent le rachat.

Une mission haletante

Quel rythme, nom de Zeus, QUEL RYTHME ! On est emporté par la quête de sauver ce foutu prisonnier, et le rythme est cadencé par le gong du Palais des Glaces, qui résonne à intervalles réguliers. Ce qui s’avérait une mission impossible est en réalité une aventure passionnante, où les personnages vont avoir affaire à leur pire cauchemar…

« – Alors je t’y conduirai. On mettra le feu aux vignes et tout ce que vous autres barbares faites pour vous amuser.

–Fanatique, répliqua-t-elle sans force.

– Sorcière.

– Sauvage.

– Nina, murmura-t-il. Mon petit oiseau rouge. Ne pars pas. »

Six of Crows (p.526)
Leigh Bardugo
Éditions Milan (2016)

Chaque péripétie, chaque action, chaque mouvement est haletant et fait naître une image, une scène précise dans la tête du lecteur. C’est comme regarder un film, mais avec une multitude de détails croustillants. J’ai adoré.

Elle avait ri, et s’il avait pu mettre le son en bouteille, il s’en serait enivré toutes les nuits. Cela le terrifiait.

Six of Crows (p.488)
Leigh Bardugo
Éditions Milan (2016)

En bref :

Ces personnages hors-la-loi nous font fondre par leur chaleur, leur humanité, leur sensibilité cachée. L’humour du livre et l’univers créé est inédit et fouillé, le lecteur accroche autant au monde créé par Leigh Bardugo qu’à ses personnages attachants. Une vraie pépite !

« 1. Joost

Joost avait deux problèmes : la lune et sa moustache.
Il aurait déjà du être en train de faire ses rondes dans la maison de Hoede, mais il venait de passer les quinze dernières minutes à tourner autour du mur sud-est des jardins, cherchant en vain quelque chose de romantique et d’intelligent à dire à Anya.
Si seulement elle avait les yeux bleus comme la mer ou vert émeraude. Mais non, ils étaient marron, adorables, rêveurs… marron chocolat fondu ? Marron pelage de lapin ?
– Dis-lui juste que sa peau est pareille à la lune, lui avait conseillé son ami Pieter. Les filles adorent ça.
La solution parfaite, mais le temps sur Ketterdam ne jouait pas en sa faveur. Aucune brise n’avait soufflé depuis le port ce jour-là, et un brouillard gris laiteux enveloppait d’humidité les canaux de la ville et les allées sinueuses. Même ici, entre les manoirs de Geldstraat, l’air était chargé de l’odeur du poisson et de l’eau de cale. La fumée des raffineries dans les îles alentour recouvrait le ciel nocturne d’une brume saumâtre. La pleine lune ressemblait moins à un bijou qu’à une cloque prête à être percée.
Peut-être pouvait-il parler de son rire ? Seulement, il ne l’avait jamais entendu. Les plaisanteries n’étaient pas son fort.
Joost s’examina dans un des miroirs fixés sur les doubles porte qui menaient aux jardins. Sa mère avait raison : même dans son nouvel uniforme, il avait encore l’air d’un bébé. Il effleura du doigt sa lèvre supérieure. Si au moins sa moustache se décidait à pousser. En tout cas, elle semblait plus épaisse que la veille, pas de doute.
Il était gardien au stadwatch depuis six semaines à peine, et le poste s’avérait bien moins excitant que prévu. Il s’était imaginé poursuivre des voleurs dans le Barrel ou patrouiller sur les ports pour contrôler l’arrivée des marchandises déchargées sur les quais. Mais après l’assassinat de cet ambassadeur dans la mairie, le Conseil des marchands avait réclamé plus de sécurité. Et il s’était retrouvé à surveiller la maison d’un petit veinard de mercurien. Mais pas n’importe lequel. Le conseiller Hoede, le marchand le plus haut gradé au gouvernement de Ketterdam. Le genre d’homme qui pouvait bâtir une carrière.

Six of Crows (p.23)
Leigh Bardugo
Éditions Milan (2016)

Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Sinon, il vous tente ?

1 réflexion sur « Six Of Crows, la sensibilité des voyous »

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