Parlons du beau et du sublime avec Frankenstein…

Avant de commencer, une petite musique d’ambiance…

Editors – Frankenstein

Frankenstein

Par Mary W. Shelley

Édition originale : mars 1818, éditions originale anglaise chez Lacking, Hughes, Harding, Mavor & Jones, de Finsbury Square à Londres.

Édition Française : Dépot légal : octobre 2009 / présente édition : juillet 2018, Librairie Générale Française. Édition établie, annotée par Jean-Pierre Naugrette, traduction française de Joe Ceurvorst

Nombre de pages : 267

Genres/thèmes : Fantastique, Science-fiction / Horreur, monstre, voyage, famille, meurtres, relations humaines

En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.

Paru en 1818, Frankenstein est né deux ans plus tôt sur les rives du Léman, un jour où Lord Byron proposait à quelques amis, dont le poète Shelley et son épouse Mary, que chacun écrivît une histoire de spectre. Ce roman fantastique annonce la science-fiction et, depuis deux siècles, n’a cessé de susciter un sublime effroi – de terrifier, et surtout de séduire.

Frankenstein
Mary W. Shelley
Éditions Librairie Générale Française (2018)

À propos de l’autrice et du livre

L’écriture de Frankestein, ou le Prométhée moderne, s’est lancée suit à un défi d’écriture sur un spectre, organisé par un certain Lord Byron, un jour de tempête orage sur le lac Lémant en juin 1816, où étaient présents le poète Georges Gordon, Percy Shelley (compagnon de Mary), Mary Shelley, Claire Clairmont (demi-sœur de Mary) et le docteur John William Polidori.

Le défi donne lieu à de nombreux débats et discussions autour de son enjeu, chacun se concentre sur son écrit : Lord Byron parle d’un Vampyre bien avant que Bram Stocker ne le fasse ; le texte de Mary Shelley fut très souvent attribué à Percy Shelley, parce qu’une femme n’écrivait pas, et encore moins de l’horreur…

C’est en 1818 que Frankenstein, ou le Prométhée moderne, est publié.

Qui est donc Prométhée ?

Pour commencer cette chronique, il faut savoir que Prométhée, apparaissant dans le titre, est une figure mythologique grecque. Il était de la famille des Titans, géants fils d’Ouranos et de Gaïa, ayant précédés les Dieux de l’Olympe. Il est connu pour avoir dérobé le feu sacré du Mont de l’Olympe (domaine des Dieux de l’Olympe) pour en faire don aux humains. Le courroux de Zeus s’abat sur lui et il est enchaîné à un rocher sur le mont Caucase, où un aigle vient lui dévorer le foie (eurk) tous les jours.

Cependant, il est bon de noter que Prométhée n’est pas puni pour avoir volé le feu sacré et l’avoir donné aux humains, mais pour avoir fait l’acte de voler les dieux de l’Olympe, alors que sa mission était d’insuffler la vie à chaque créature, tandis que son frère avait pour mission de les armer pour qu’il puissent se défendre.

Mary Shelley revisite ce mythe pour mettre en avant un savant qui détient le pouvoir du savoir, mais contre qui ce dangereux pouvoir se retourne, pour contrecarrer son désir de déjouer la nature…

Le savoir est dangereux

Non, Frankenstein n’est pas le nom d’une créature verdâtre, dont les clous dépassent du crâne et dont la démarche s’apparente à celle d’un zombie.

Frankenstein est bel et bien le nom du créateur, du savant maudit qui créa de toute pièce son pire cauchemar. La créature, qui ne sera jamais nommée, si tant est qu’elle ait un nom, se déplace à une vitesse surhumaine, a une peau comparable à celle d’une momie, des lèvres noires.

Dans Frankenstein, le savoir est dangereux. Et on se demandera si le vrai monstre réside en cette créature hideuse mais douée d’une sensibilité plus perceptible encore que celle de l’homme, ou s’il réside en l’homme créateur de cette entité, cet homme d’apparence belle, mais parce qu’il est effrayé par l’apparence difforme de sa créature, n’aura cesse de le rejeter, sans même lui donner possibilité d’être acceptée pour son ouverture d’esprit.

Les froides étoiles semblaient se moquer de moi, et les branches décharnées s’agitaient au-dessus de moi comme pour me narguer. De temps à autres, la douce voix d’un oiseau venait rompre le silence universel. En ce moment, tous les êtres se reposaient ou s’amusaient ; moi seul, tel le démon par excellence, je portais mon enfer en moi, et ne trouvant personne avec qui sympathiser, j’aspirais à arracher les arbres et à semer sur mon chemin la destruction et la mort, après quoi, je me serais assis pour contempler les ruines.

Frankenstein (p.217)
Mary W. Shelley
Éditions LGF

Frankenstein propose une vraie réflexion sur la beauté, le sublime, tout ce qui entoure et différencie l’apparence physique et mentale. Parce que le seul individu à lui avoir apporté un peu d’écoute et de compréhension en dépit de son apparence, c’est un aveugle.

Un décor sublimé

Dans Frankenstein, tout l’intérêt réside dans l’apparence physique. Ainsi, les décors somptueux de paysages, de montagnes, de mer, les paysages de la nature sont sublimés et détaillés avec finesse, me donnant parfois une impression d’excès de beauté. Je me suis retrouvée quelques fois à passer des lignes de descriptions de paysages ou de voyages, pour aller plus rapidement retrouver la créature de Frankenstein et son combat pour l’acceptation de sa laideur.

La nuit s’acheva enfin, et le soleil émergea de l’océan. Je retrouvai un peu de calme, si l’on peut appeler calme ce que l’on éprouve lorsque la violence de la fureur sombre dans la profondeur du désespoir.

FRANKENSTEIN (P.258)
MARY W. SHELLEY
ÉDITIONS LGF

Malgré la petite taille du livre (à peine 300 pages), ma lecture a duré presque trois semaines !

Ce n’est pas une lecture légère, mais bien ce celles qui font réfléchir, et je suis contente d’avoir enfin sautée le pas pour lire ce chef d’oeuvre (oui, pour moi, c’en est un) de fantastique et de science-fiction. Pour moi, tout bon passionné de lectures SFFF (lectures de l’imaginaire : Science-fiction, Fantasy, Fantastique) se doit de le lire, car il ne faut pas l’oublier : pour beaucoup, Frankenstein est considéré comme le premier livre de SF.

Avec Peter Pan, Frankenstein rentre dans mon top lectures SFFF classiques !

Je vous laisse avec quelques articles intéressants concernant le livre : l’Histoire de la science-fiction, petit article rédigé par Livres science-fiction et qui place en effet Mary Shelley comme précurseur du genre, un article du Point POP qui décrypte, en cinq points, la créature de Frankenstein, et enfin la chronique super intéressante de Charmant Petit Monstre.

Premier Volume

Lettre 1 à Madame Saville, Angleterre

Saint-Petersbourg, 11 Déc. 17–

Tu sera heureuse d’apprendre qu’aucun désastre n’a marqué le début de l’entreprise au sujet de laquelle tu nourrissais de si funestes pressentiments. Je suis arrivé ici, hier, et ma première tâche est de tranquilliser ma chère sœur et de lui faire part de ma confiance croissante dans la réussite de ce projet.

Je suis déjà bien loin, au nord de Londres, et tandis que je me promène dans les rues de Saint-Pétersbourg, je sens souffler sur mes joues un aigre bise qui stimule mes nerfs et me comble de joie. Peux-tu comprendre ce que j’éprouve ?

Frankenstein (p.63)
Mary W. Shelley
Éditions LGF

Si vous l’avez lu vous aussi, n’hésitez pas à venir en discuter dans les commentaires, je serais ravie de lire tout ça ! Ce que vous avez pensé de la créature, du personnage de Victor Frankenstein, de ses aventures, du récit ou de l’écriture en elle-même…

Ce livre rentre dans le Challenge de l’Imaginaire organisé par Ma Lecturothèque

1 réflexion sur « Parlons du beau et du sublime avec Frankenstein… »

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