Et si des animaux se rebellaient contre leur fermier ? Retour sur le roman à succès

Une petite musique d’ambiance…

La ferme des animaux

Par George Orwell

Version originale anglaise : Animal farm, aux éditions Martin Secker & Warbourg, en 1945

Traduction française : éditions Champ libre, 1981 / Présente édition : éditions Gallimard, collection Folio, 1883

Traduction française de Jean Quéval

Nombre de pages : 146

Genre/thèmes : Science-fiction, dystopie / animaux, pouvoir, abus de pouvoir, allégorie, manipulation des esprits

Résumé

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

« Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

Le temsp passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchifrer :

« Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres. »

La ferme des animaux
George Orwell
Éditions Gallimard, coll. Folio

À propos de l’auteur

George Orwell est né aux Indes, en 1903 et a servi un temps dans les service de polices impériales des Indes. Il revient en Europe pour tenter de vivre de sa plume, et pendant une période difficile, il passe de clochard à Paris à professeur à Londres. Pendant la guerre mondiale, il est présentateur à la BBC, directeur de The Tribune puis envoyé spécial pour L’Observateur… Il meurt en 1950 atteint de la tuberculose. Ses écrits sont engagés, beaucoup relatent des dystopies, mondes dans lesquelles des événements marquants ont dévié de leur image idéale, notamment dans 1984, roman dystopique publié en 1949.

Tout commence un soir, un cochon sage et âgé réunit tous les animaux avant de mourir pour leur exposer son point de vue sur leurs conditions de vie… La ferme des animaux présente la rébellion des animaux contre leur fermier, qu’ils expulsent littéralement de chez lui. La ferme est libre, les animaux aussi, et s’installe progressivement un nouvel ordre, contrôlé évidemment par… les cochons. Dès le début s’instaure une supériorité des cochons sur les autres animaux, une supériorité presque vue comme étant naturelle.

Une lecture difficile

Pourquoi La ferme des animaux a-t-elle été une lecture difficile ?

Parce que tout au long de l’histoire, j’étais agacée face à la crédulité des animaux, à leur manipulation par les cochons. La lecture de ce livre est absolument insupportable et c’est la première fois que j’ai ressenti ça. J’avais envie de démonter ces cochons, j’avais envie que es animaux se rebellent une nouvelle fois, ici contre les cochons…

Ce mot laissait les animaux perplexes, mais ils acceptèrent les explications sans plus insister : tant Brille-Babil s’expliquait de façon persuasive, et tant grognaient d’un air menaçant les trois molosses qui se trouvaient être de sa compagnie.

LA FERME DES ANIMAUX
GEORGE ORWELL
ÉDITIONS GALLIMARD COLL. FOLIO

Mais dans la continuité de cette réflexion, je ne peux m’empêcher de me dire que, dans n’importe quelle société il faut un meneur, et ainsi se présente le risque qu’il soit corrompu, maladroit ou avide de pouvoir…

Une réflexion sur l’abus de pouvoir et la manipulation des consciences

On connaît tous l’idée évoquée dans Le Prince, de Machiavel, selon laquelle un peuple n’ayant jamais vu (ou oublié) la liberté ne peut pas en éprouver le manque. Ici, c’est exactement ça.

Les animaux ont oublié la vie endurée sous la direction du fermier Jones et ne peuvent donc plus faire de comparaison avec le nouvel ordre établi par les cochons. Leur conscience est totalement altérée et ils sont enchaîné à cette idée d’infériorité par rapport aux cochons, idée dont ils ne peuvent se défaire eux-même, parce que le porte-parole des cochons parvient aisément à les manipuler avec de simples mots.

« Ça me dépasse. Je n’aurais jamais cru à des choses pareilles dans notre ferme. Il doit y avoir de notre faute. La seule solution, à mon avis, c’est de travailler plus dur. À partir d’aujourd’hui, je vais me lever encore plus tôt que d’habitude. »

La ferme des animaux
George Orwell
Éditions gallimard coll. Folio

C’est par cet aspect que j’ai trouvé la lecture terrible, la façon dont les animaux ont d’apporter crédibilité aux idées émises par ce cochon et à leur supériorité, qui est en vérité largement basée sur la présence des gardes du corps beaucoup trop nombreux. Napoléon, le cochon en chef, s’est montré vicieux stratège au début, ainsi il a conquis le domaine en premier et c’est terrible.

En bref

Je ne sais trop que dire de plus sur cette lecture, elle a remporté un succès très important et, satyre de la révolution russe et du régime Stalinien que je ne connais que trop peu pour l’instant, je ne saurais donner mon point de vue quant à cette question de comparaison historique…

Je trouve simplement cette allégorie animale d’une société et des relation aux pouvoir, au peuple, très intéressante et très « parlante ». L’accès au pouvoir par les cochons et leur domination perfide et manipulatrice, l’inconscience des moutons et leur lâcheté, la conscience bridée des chevaux et de la chèvre, mais celle bien réelle de l’âne qui, seul, pense sait qu’il ne fait pas le poids… En somme, je trouve que c’est un petit livre intéressant à avoir lu, qui amène à réfléchir, pour ceux qui ne le font pas déjà.

Vous l’avez lu ? Qu’avez-vous pensé de cette allégorie ?

Ce livre rentre dans le Challenge de l’Imaginaire organisé par Ma Lecturothèque

6 réflexions sur « Et si des animaux se rebellaient contre leur fermier ? Retour sur le roman à succès »

  1. Je ne l’ai pas encore lu mais définitivement, il faut que je m’y mette ! Ton article ne me donne que plus envie encore de remédier à ce manque 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Souffleuse de mots imaginaires 09/03/2020 — 11:06

      Ooh ça me fait trop plaisir de te donner envie de le lire 😍 Oui je trouve que c’est vraiment un livre intéressant ! 😊 Je guetterai ton avis si tu le lis à ton tour 😘

      Aimé par 1 personne

  2. Homesweetread 09/03/2020 — 00:12

    Il fait parti des livres que je dois définitivement lire

    Aimé par 1 personne

  3. Je comprends ton agacement quant à la crédulité des animaux, et en même temps le récit parodie des faits et n’est hélas pas si loin que ça de la vérité. C’est ce que j’ai aimé (et qui me fait peur).

    Aimé par 1 personne

    1. Souffleuse de mots imaginaires 09/03/2020 — 11:09

      Oui je suis d’accord… Ça fait peut aussi, je suis en train de lire Phobos, et pareil, manipulation de foule avec de simples mots… C’est un peu terrible !

      J'aime

      1. J’imagine qu’en ciblant bien son public, on peut tout faire passer et c’est effrayant !

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close