Un thriller fantastique et sombre au coeur de Yale… La Neuvième Maison

La Neuvième Maison (Ninth House)

Par Leigh Bardugo

Aux éditions De Saxus, 2020 (VO : 2019)

Traduit de l’anglais (E-U) par Sébastien Guillot

Nombre de pages : 525

Ce livre a pour public cible les adultes, pas les jeunes. Avertissement de contenu : Drogue, sexe, violence, langage grossier, descriptions explicites de blessures, violence sexuelle

Résumé :

Alex « Galaxy » Stern a vécu une adolescence chaotique. Élevée à Los Angeles par une mère hippie, elle a abandonnée l’école très jeune pour se retrouver dans un monde sombre, violent et sans avenir.

À 20 ans, elle est la seule survivante d’un horrible massacre inexpliqué, et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Léthé. Cette entité, appelée La Neuvième Maison, surveille els huit société secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses.

Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare et précieux : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au-delà de l’horreur…

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo (Éditions De Saxus)

Mon avis :

Nous sommes les bergers. Ce temps était révolu. Mieux valait être un crotale. Mieux valait être un chacal.

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo, éditions De Saxus (p.492)

Premièrement, je tiens à dire que Leigh Bardugo est, à ce jour, mon autrice préférée. Et après la lecture de ce livre… elle conserve sa place. Sa duologie Six of Crows demeure ma saga préférée, et j’ai bien aimé sa saga Grisha, bien que je n’en sois rendue qu’au premier tome.

Parlons de La Neuvième Maison. Nous suivons les aventures d’Alex, qui est une sorte de protectrice, d’apprentie garde des huit sociétés secrètes de Yale. Ces sociétés usent toutes d’une magie différentes (sorcellerie pour la plupart, thérianthropie, illusions…) et doivent être surveillées dans leurs pratiques, mais aussi par rapport aux fantômes. Car à Yale, la magie est omniprésente et les fantômes s’incrustent partout, prêts à tout pour retrouver un peu de sensations humaines. Alex est ici pour son talent rare et précieux : elle peut les voir sans difficulté. L’intrigue de fond tourne autour du meurtre d’une jeune femme, sur laquelle Alex va enquêter…

Pourquoi j’ai aimé ce roman :

« Darlington aimait à dire que New Haven passait toujours à deux doigts du succès, sur le point de basculer du côté de la chance et la bonne fortune. Il ne comprenait pas que la ville marchait sur une corde raide. Le succès d’un côté, la ruine de l’autre. La magie de ces lieux, le sang versé pour la conserver : voilà ce qui sépare la ville de l’anéantissement. »

Sandow, La Neuvième Maison, Leigh Bardugo, éditions de Saxus (p.496)

→ Le point principal, indéniable, irréfutable : Darlington. S’il vous plaît. Leigh Bardugo a cette magie de créer des personnages masculins (bonjour Kaz Brekker, le Darkling et Nikolai…) absolument bad ass, énigmatique, crédibles, atypique. Ça veut dire « pas clichés ». Darlington (de son vrai nom Daniel Arlington, faut dire) est le mentor d’Alex, un peu sexy, très malin, délicat et en même temps très intense. J’ai adoré. Il n’est présent que pendant 1/3 du livre, et encore, mais chaque passage a grandement participé à mon appréciation du livre. Je pense que s’il n’avait pas été là, j’aurais nettement moins apprécié, car… je vais en parler plus bas.

→ Le traitement du thème des fantômes. Sans en dire trop, j’aime la façon dont sont traités les fantômes et leur relation avec le vivant : ils recherchent les larmes, le sang, les sensations de la vie, mais sont terrassés par des sortes de memento mori (souviens toi que tu vas mourir), comme la terre de cimetière, certaines phrases qui évoquent la mort… J’ai adoré cette relation qui s’installe entre Alex et eux, la façon qu’elle a de les combattre…

La magie dans ce livre n’est pas vue comme toutes les autres, pas stéréotypée ; elle est aussi vue comme une menace autant qu’une bénédiction. Ce n’est pas un livre sur son apologie et j’ai aimé cet aspect de l’histoire, qui y amène un côté très sombre…

L’écriture. Troisième facteur de réussite : l’écriture et la traduction de ce livre. J’adore la plume de Leigh Bardugo, j’adore, j’adore. Elle utilise beaucoup de métaphores, des personnifications, tous ces genres de trucs qui rendent la lecture incroyable. Ses descriptions sont courtes mais évocatrices, les dialogues sont recherchés, spontanés et percutants, bref, tout ça c’est très vivant.

« Vous êtes dans un état lamentable.

— Et vous, vous êtes un connard.

— On a donc tous les deux des problèmes à surmonter.

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo, éditions De Saxus (p.81)

Ce que j’ai moins aimé :

→ Les personnages, et plus particulièrement Alex. Alex est un personnage que je n’ai pas vraiment apprécié. Je ne ressentais aucune réelle compassion, je n’approuvais pas ses choix (même si on ne me demandait pas mon avis ahah et que, la plupart du temps, elle agissait d’instinct) et je me disais souvent Mais non, c’est pas possible…

→ La lenteur du début. Pendant, disons 300 pages (sur 525), je n’arrivais pas à m’immerger dans l’histoire, j’ai même fortement pensé abandonner… mais il y avait Darlington. Et je ne pouvais pas l’abandonner, tout simplement. C’est ça, encore, la magie des personnages (surtout masculins) de Leigh Bardugo. On ne peut pas se résigner à les quitter.

Mieux valait se tenir prête au cas-où il… quoi ? tenterait de la noyer ? Mais pourquoi aurait-il fait une chose pareille ? Il avait besoin d’elle, et vice-versa. C’était ainsi que débutaient la plupart des catastrophes.

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo, éditions De Saxus (p.259)

En bref, une lecture que j’ai adorée malgré cette lenteur, car une fois plongée dedans, c’était un rythme assez effréné. Ce thème des fantômes et son traitement m’a beaucoup plu, l’intrigue aussi, et ces retournements de situation (surtout concernant Darlington…) Comme j’ai hâte de lire la suite !!!

Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Si non, il vous donne envie ??

Vous pouvez aussi retrouver les chroniques des voisins Idées à lire, Muffins and books, Alice Neverland, Sometimes a book, Les lecture d’Hatchi, Au fil des chats, ainsi qu’une balade dans Yale présentant les lieux du livre, faite par Beautifully Bookish Bethany (sur Youtube, en anglais).

Les premiers mots du livre :

Le temps qu’Alex parvienne à se débarrasser du sang sur son manteau de laine, il faisait trop chaud pour le porter. Le printemps était arrivé à contrecœur ; les matinées bleu pâles se transformaient en après-midi humides, maussades, des congères tenaces s’obstinaient à border les routes. Vers la mi-mars, cependant, des lopins de pelouse firent leur apparition autour des chemins de pierre d’Old Campus – une herbe noire, humide, touffue. La jeune femme était à ce moment-là scotchée au dernier étage du 268 York Street, les Critères de recrutement du Léthé en main.

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo, éditions De Saxus (p.15)

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